Les déguisements (mot formé du francique Wisa, qui signifie manière et qui a donné guise ; se déguiser, terme apparu en 1155, signifie « sortir de sa manière d’être »), appelés également travestissements (mot composé de trans et de vêtir et qui signifie s’habiller autrement) étaient portés le plus souvent lors des carnavals et des festivals.

De tous temps, l’appétence pour se vêtir autrement a été grande, dans le but de sortir, lors de grandes occasions, de la routine quotidienne et de prendre l’apparence de ce que l’on souhaitait être.

Dès l’Antiquité, les Grecs et les Romains aimaient se déguiser, notamment pour jouer des pièces de théâtre ou à l’occasion de grandes fêtes (par exemple, les Lupercales, à Rome). Au Moyen Âge, l’habit est important : il indique la condition sociale. Lors des fêtes principales, on change de vêtement pour se mettre dans la peau d’un autre personnage. Des costumes différents sont revêtus afin de paraître méconnaissable, de cacher sa propre nature.

Les costumes choisis permettaient d’incarner des personnages imaginaires ou, le plus souvent, des personnages historiques. Les costumes portés dans les temps anciens sont parmi les plus prisés.

Lors d’une fête qui s’annonçait joyeuse, donnée le 28 janvier 1393 en l’Hôtel Saint-Paul, à Paris, les participants étaient vêtus en « sauvages », avec des plumes et des rubans. Malheureusement, le feu prit accidentellement dans un costume et plusieurs danseurs périrent dans les flammes, dans d’atroces souffrances. Le jeune roi Charles VI (né le 3 décembre 1368, il n’avait alors que vingt-cinq ans) en réchappa de justesse et fut hanté à vie par la vision de cette scène horrible, dénommée dans l’Histoire « Bal des Ardents », ce qui aggrava la folie dont il était frappé depuis sa jeunesse. Il fut roi de France (sous tutelle) de 1380 à sa mort, en 1422.

Outre les carnavals, on portait des déguisements lors des bals masqués, des charivaris (mot apparu en 1320), terme provenant du bas-latin carbaria, lui-même issu du grec karebaria (qui désigne le mal de tête) ; dans ce genre de fête, on fait beaucoup de bruit, ce qui engendre des maux de tête. Au Moyen Âge, on employait également le mot momerie pour qualifier cette fête (du radical francique mom, qui qualifie la petitesse).