Avec la maîtrise du feu, au Paléolithique, l’homme découvre les rudiments de la chimie. Cette première source d’énergie lui permet de découvrir l’éclairage, le chauffage et la cuisson. Il commença alors à fabriquer du verre, de la céramique, à forger des métaux et réussir des alliages.
Dans l’Antiquité, la chimie fit des progrès considérables. Les Égyptiens inventèrent le verre et les Grecs furent de grands chimistes : Thalès de Milet (vers 628-548 avant Jésus-Christ) fut le fondateur de la chimie. Son disciple, Anaximène de Milet (585-25 av. J.-C.) étudia l’air. Empédocle (Ve siècle av. J.-C.) énonça les 4 éléments constitutifs de l’univers : l’air, l’eau, la terre et le feu. Les Romains perfectionnèrent ces connaissances, notamment en métallurgie.
Dans les premiers temps du Moyen Âge, toutes ces connaissances sombrèrent dans l’oubli. Cependant, les Arabes, ayant repris les ouvrages des Grecs et des Romains, réussirent à sauvegarder de nombreuses techniques. Le terme chimie vient du persan Kimia, déformé en al-chimia par les Arabes. En fait, l’alchimie naquit en Égypte, dans la région d’Alexandrie et le delta du Nil. Les alchimistes cherchaient alors à fabriquer de l’or, à partir de toutes sortes de matériaux. Ils recherchaient aussi la panacée ou remède universel contre tous les maux. Les alchimistes persans découvrirent le souffre et le mercure ; au premier, ils associèrent tout ce qui est chaud et masculin, au second, le froid et le féminin.
Les Persans découvrirent également l’acide nitrique et perfectionnèrent la distillation.
Au contact des savants musulmans dans la péninsule ibérique, les Castillans reprirent ces connaissances au XIIe siècle et la vogue de l’alchimie gagna toute l’Europe. Mais on associait souvent alchimie et astrologie : aux 7 métaux connus à l’époque, on associait 7 planètes et les XIVe et XVe siècles virent l’âge d’or de l’alchimie en Europe. Tout le monde recherchait la pierre philosophale afin d’enrichir les trésors des états naissants. Mais ces travaux aboutirent à quelques résultats : on réussit à fabriquer le vitriol, l’eau forte, l’esprit de sel, l’eau régale ou encore la poudre noire (explosive).
Les grandes découvertes de la Renaissance apportèrent de profondes modifications ; les besoins en or étant assouvis par les richesses des nouvelles colonies, on se tourna vers des recherches dans divers domaines de la science, notamment en médecine et en chimie des matériaux. Paracelse (1493-1541) étudia de nombreux éléments, comme l’eau et Georg Bauer (1494-1555), dit Agricola, fit d’importante recherche sur l’air et les gaz.
Les grands progrès de la Renaissance furent poursuivis au XVIIe siècle, principalement dans le domaine de la métallurgie. Le premier véritable grand traité de chimie fut publié en 1675 par Nicolas Lémery (1645-1715).
Au XVIIIe siècle, les progrès furent encore plus considérables : la chimie des gaz se développa, avec l’étude des effets de la vapeur et de sa force motrice, mais on découvrit les acides et les bases, la chimie des métaux permit la découverte de nouveaux métaux purs et d’alliages divers et de nombreux domaines furent défrichés.
Considéré comme le créateur de la chimie moderne, Antoine Lavoisier (1743-1794) se fit connaître en publiant, en 1765, ses travaux sur le gypse. Mais, ce fut en livrant au public scientifique son tableau de classification des éléments, en 1789, qu’il acquit une renommée mondiale. Cet inventaire, sous forme de tableau de tous les éléments connus à l’époque fut adopté par tous les savants du monde entier et ne fut jamais contesté ; on s’est contenté, depuis, de le compléter, au fur et à mesure des découvertes.
Au XIXe siècle, les progrès de la chimie furent tels que de nombreuses industries mirent en application ses lois et ses connaissances. Désormais les « produits chimiques » furent utilisés, en quantités industrielles, dans de nombreux domaines d’activités humaines :
- l’agriculture
- les engrais chimiques (nitratés ou phosphatés) ont remplacé les fertilisants naturels (engrais, purin, goémons, etc.)
- les produits de nettoyage ou d’hygiène
- les cosmétiques, les nettoyants, décapants, les dentifrices…
- la pharmacie
- médicaments de synthèse ou emploi de molécules naturelles
- l’automobile et le transport
- les carburants et les pneumatiques
- les objets de la vie quotidienne
- matières plastiques diverses (ex. : P.V.C. et P.E.T.),
- les vêtements
- fibres de synthèse (nylon, vinyle, polyéthers…)
Partout dans le monde, de grandes usines fabriquent de nombreux produits chimiques et des objets les plus divers (le plastique est entré dans la vie quotidienne depuis le début du XXe siècle), non sans poser de nombreux problèmes de pollution.