En 1485, à la suite de la mort du roi de France Louis XI, le 30 août 1483, les seigneurs du royaume se révoltèrent contre l’autorité de la régente, Anne de Beaujeu, fille aînée du défunt roi, qui administrait les affaires courantes dans l’attente que son jeune frère, Charles VIII, soit en âge de régner. De 1485 à 1488, ce fut la « guerre folle » qui se solda par une victoire des troupes françaises sur les nobles bretons, à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, le 26 juillet 1488, ce qui provoqua de nombreuses rancœurs en Bretagne.

Peu après, lors du décès du duc de Bretagne François II (né en 1435 et duc de 1458 à 1488), survenu le 9 septembre 1488, le duché devait revenir à son unique héritière, sa fille Anne, née le 25 septembre 1477 et alors âgée de onze ans, par conséquent mineure elle aussi.

Les grands seigneurs bretons, tant ecclésiastiques que laïques, étaient partagés : beaucoup penchaient en faveur d’une alliance avec le royaume de France, mais un plus grand nombre était partisan d’un rapprochement avec une puissance étrangère, soit le royaume d’Angleterre, soit l’un des royaumes de la péninsule ibérique. La récente union des royaumes d’Aragon et de Castille, réalisée en 1479, donnait l’occasion de se rapprocher d’une puissance nouvelle, alors promise à un bel avenir.

Ce fut le prince Maximilien d’Autriche (1459-1519), fils de l’empereur Frédéric III de Habsbourg (1415-1493), qui fut choisi comme potentiel époux de la jeune duchesse. Un mariage par procuration fut célébré en la cathédrale de Rennes, le 19 décembre 1490. L’ambassadeur espagnol se coucha dans le lit de la jeune duchesse, une jambe nue.

Cette union sans autorisation du suzerain (le roi de France) déclencha la fureur d’Anne de Beaujeu qui envoya une armée, sous les ordres de La Trémouille, guerroyer en Bretagne. En 1491, il assiégea Rennes, qui finit par se rendre. Le mariage avec Maximilien d’Autriche fut déclaré nul et la duchesse Anne de Bretagne épousa le jeune roi de France Charles VIII le 6 décembre 1491 dans la chapelle du château de Langeais. Devenue reine de France, Anne eut six enfants, tous morts en bas âge.

Lorsque le roi Charles VIII mourut accidentellement, le 7 avril 1498, au château d’Amboise, Anne resta veuve, sans héritier direct. Le cousin du roi, Louis de Valois-Orléans, se hâta de divorcer de sa première épouse, Jeanne de France, réputée disgracieuse et boiteuse, pour épouser Anne de Bretagne, le 8 janvier 1499, faisant d’elle reine de France pour la seconde fois.

Le nouveau roi, Louis XII (1498-1515) eut une héritière, en la personne de sa fille, Claude de France, née le 13 décembre 1499, qu’il maria à un cousin, François d’Angoulême, le 18 mai 1514, alors qu’elle n’avait que quinze ans et son jeune époux vingt ans (il était né en 1594).

Cette même année 1514 fut funeste pour le couple royal : Anne de Bretagne mourut le 9 janvier 1514, peu avant le mariage de sa fille, et le roi Louis XII s’éteignit dans la nuit du 31 décembre 1514 au 1er janvier 1515.

François d’Angoulême montait sur le trône de France sous le nom de François 1er (roi de 1515 à 1547) et son épouse Claude devenait reine de France tout en restant duchesse de Bretagne, en héritage de sa mère. Comme sa mère, elle continua à administrer son duché, nommant les grands officiers et participant pleinement aux assemblées délibératives, comme les États de Bretagne, tenus alternativement à Nantes ou à Rennes ou, quelquefois dans d’autres villes, comme Vannes.

Les années passèrent sons trop de heurts entre fonctionnaires français et bretons. En 1532, des États de Bretagne, tenus à Nantes, accédèrent à la demande de leur duchesse-reine qui souhaitait faire don de son duché à son fils aîné, le dauphin François, né en 1518 et alors âgé de quatorze ans.

Le 13 août 1532, fut signé à Nantes un édit de réunion du duché de Bretagne à la couronne de France, qui prévoyait que les privilèges de la province seraient maintenus et que toutes les décisions royales seraient soumises à l’approbation des États de la province.

L’union était personnelle et reposait sur la personne du jeune François, héritier présomptif à la fois de la couronne de France et du duché de Bretagne. Malheureusement, le jeune prince mourut en 1536. Son frère cadet, Henri, devint alors l’héritier légitime des deux couronnes, la royale et la ducale. Né le 31 mars 1519, il avait alors dix-sept ans. En 1547, à la mort du roi François 1er, il devint roi de France sous le nom d’Henri II, après avoir épousé une princesse italienne, Catherine de Médicis. Il mourut accidentellement à son tour, lors d’un tournoi, le 10 juillet 1559.

Après l’édit d’Union de 1532, les fonctionnaires français administrèrent la Bretagne de la même manière que les autres provinces du royaume : les sénéchaux s’y installèrent, ainsi que tous les rouages de l’administration royale.