Dans les premiers siècles du Moyen Âge, le commerce en mer Baltique était aux mains des Scandinaves. Au XIIe siècle, il était dominé par une organisation de marchands d’origine allemande, qu’ils nommaient la « Hanse » ou la « Ligue hanséatique ». Fondée en 1158, la ville de Lübeck se consacra aussitôt au commerce. Sa rapide prospérité engendra la jalousie du puissant seigneur local, Henri le Lion (1131-1195), duc de Saxe de 1142 à 1180 et duc de Bavière de 1156 à 1180 : il fonda une ville concurrente à proximité, nommée Löwenburg, mais qui ne connut pas le succès escompté. En 1161, il fit la paix avec les commerçants de Lübeck et le petit groupe de villes associées put se développer sans entrave. En quelques années, la Hanse regroupa de nombreuses villes commerçantes autour de la Mer du Nord et de la Baltique, donnant lieu à un intense commerce maritime.
Elle disposa progressivement de comptoirs disséminés sur toutes les rives et ce réseau de villes fut détenteur d’un véritable pouvoir politique. Pendant trois siècles, le commerce du Nord de l’Europe resta entre les mains des marchands hanséates. Le déclin commença au XVIe siècle et la Hanse disparut définitivement à la fin de la Guerre de Trente Ans (1618-1648), avec le Traité de Westphalie (signé en 1648).
Au plus fort de son activité, aux XIIIe et XIVe siècles, la Hanse était organisée en « zones » :
Zone wende (regroupant Mecklembourg, Poméranie et Brandebourg :
Lübeck (capitale), Lünebourg, Rostock, Stettin, Stralsund et Wismar
Zone saxonne (duché de Saxe) :
Brunswick (capitale), Berlin, Brème, Erfurt, Francfort/Oder, Hambourg et Magdebourg
Zone prusso-livonienne :
Dantzig (capitale), Breslau, Könisberg, Riga, Stockholm, Thorn (Torun), Visby et Cracovie
Zone westphalienne :
Cologne (capitale), Dortmund, Groningue, Osnabrück, Soest
Les multiples comptoirs s’étendaient jusqu’à Bruges, Bergen, Londres, Novgorod, etc. Les navires transportaient d’un port à l’autre de précieuses cargaisons constituées essentiellement de harengs (frais ou transformés), de bois, de sel et d’ambre (brute ou sous forme de bijoux et d’objets divers) et aussi des fourrures.