Plus vieille activité humaine organisée, l’agriculture est apparue lorsque les hommes eurent l’idée de semer des graines pour les faire germer et attendre que les plantes ainsi mises en terre soient mûres pour en tirer une récolte. De nomades, les hommes étaient devenus sédentaires, car il fallait attendre sur place le fruit de leur travail. Auparavant, les premiers humains étaient des chasseurs, pêcheurs et cueilleurs de fruits, ils se nourrissaient en profitant des ressources locales. Une fois celles-ci épuisées, ils se déplaçaient pour en consommer d’autres, en un autre lieu.

Dans un premier temps, la maîtrise du feu leur permit d’améliorer leurs outils, de consommer des aliments cuits et de brûler des terres pour modifier la végétation. Vers 8 000 ans avant Jésus-Christ, leurs connaissances des cycles des plantes et des animaux furent suffisantes pour leur permettre de commencer à élever du bétail et à cultiver les premières céréales. La pratique de l’agriculture implique la sédentarisation de population jusqu’alors nomades, ce qui a des conséquences sur la création des premiers états (royaumes primitifs).

Durant la longue période de l’Antiquité (de l’apparition de l’écriture, vers 4 000 av. J.-C. À la chute de l’empire romain, en 476 de notre ère), les hommes apprirent à domestiquer les animaux (d’abord les équidés, puis les bovins, les ovins, les caprins, les porcins, les volailles) et à contrôler la germination des plantes, ainsi que leur utilisation (nourriture et textile). Les pratiques agricoles furent mises au point pour des millénaires.

Les Égyptiens connaissaient un calendrier de trois saisons, celle de l’inondation (avec la crue du Nil, de juillet à novembre), celle de la végétation (de novembre à mars) et celle des récoltes, ou de la moisson (de mars à juillet). Excellents agriculteurs, outre l’olivier et la vigne, les Romains cultivaient les céréales et de nombreux légumes.

Au Moyen Âge, les pratiques agricoles romaines furent poursuivies. L’agriculture resta l’activité économique principale pendant de longs siècles. L’artisanat et le commerce vinrent se greffer sur ces activités (nombreux artisans dans des domaines touchant le monde agricole – tels les forgerons, travailleurs du cuir, tisserands ou autres, commercialisation des surplus).

Au XIIe siècle, de grands progrès techniques améliorèrent considérablement l’agriculture en Europe occidentale : une meilleure maîtrise de la métallurgie permit l’apparition de la charrue, qui supplanta vite l’araire ; elle permit de labourer plus profond, 20 centimètres au lieu de 5 centimètres auparavant, ce qui autorisa des rendements bien supérieurs, les graines enfouies plus profondément dans le sol germant plus facilement. Autre nouveauté, la herse, constituée de griffes métalliques solides, uniformisait la terre après les semailles et égalisait les sols. Ces progrès eurent pour conséquence une sensible amélioration de l’alimentation, avec d’importantes modifications de la démographie (meilleure santé, meilleures conditions de vie, meilleure nourriture, allongement de l’espérance de vie, prospérité générale – on disposait alors de surplus de récoltes qui pouvaient être commercialisés) et ainsi toutes les conditions furent réunies pour un essor démographique important.

Si les pratiques agricoles ne se modifiaient que peu à peu, à la Renaissance, les connaissances techniques en matière d’agriculture progressèrent sensiblement. De nombreux ouvrages d’agronomie et de conseils de pratiques agricoles furent publiés, le summum du genre étant l’ouvrage d’Olivier de Serres (1539-1619) intitulé « Théâtre d’agriculture et ménage des champs », publié en 1600, qui eut un retentissement considérable et surtout une influence capitale sur l’agriculture du royaume de France. Pendant deux siècles encore l’agriculture connut des progrès relativement lents, mais la grande avancée des sciences (notamment la botanique et la zoologie, ou encore de la chimie des sols), sur tout au XVIIIe siècle, préparèrent les grands bouleversements de la période suivante.

Au XIXe siècle se produisit dans tout le monde occidental (Vieille Europe et Amérique du Nord – États-Unis comme Canada) une véritable révolution agricole. L’apparition, puis le développement extrêmement rapide, du machinisme agricole bouleversa une agriculture traditionnelle, vieille de plusieurs millénaires, qui n’avait guère évolué dans ses fondements jusqu’alors. La première moissonneuse apparut en 1824 en Écosse, mais provoqua des émeutes chez les ouvriers agricoles qui craignaient pour leur emploi. En 1831, en Virginie, l’ingénieur MacCormick mit au point une moissonneuse très efficace. Le premier tracteur fut construit en 1881 par le russe Fiodor Blinov et, en 1892, en Iowa, John Froelich fit fonctionner le premier tracteur à moteur à explosions.

Désormais, les machines, sans cesse plus nombreuses et plus perfectionnées, effectuèrent une grande partie des travaux difficiles et l’emploi, de plus en plus systématique, des engrais chimiques (phosphatés et azotés), à la place des fumures traditionnelles (fumier ou varech dans les zones côtières), permit d’obtenir des rendements sans commune mesure avec les précédents. Dans la seconde moitié du XXe siècle, l’agriculture devint industrielle, avec des exploitations immenses, des salariés en grand nombre, des troupeaux innombrables, des coopératives de transformation…