On désignait sous le nom de « Barbaresques » les pirates et corsaires musulmans de diverses origines établis dans les ports de Berbérie (Alger, Oran, Bougie, Mostaganem…) qui, de la Renaissance au début du XIXe siècle, ont écumé les côtes de la Méditerranée, principalement les rivages septentrionaux (d’Espagne, de France et d’Italie) en quête d’esclaves et de butin. Mais, ils ont également poussé leurs raids jusque sur les rives du Portugal, de l’Angleterre, des Pays-Bas et même jusqu’en Islande. Occassionnellement, ils se mettaient au service du sultan ottoman d’Istanbul (Constantinople).

Après la conquête du royaume de Grenade par les souverains catholiques (en 1492), les Musulmans chassés d’Espagne se replièrent sur les côtes du Maghreb, d’où ils lancèrent des expéditions de pillage vers les royaumes chrétiens. Pour se protéger, les populations de nombreux villages côtiers abandonnèrent leurs habitations pour aller s’installer sur les hauteurs.

En 1516, les frères Barberousse prirent Alger, d’où Aruqj Reis (dit Aruqj Barberousse) arma des navires pour les lancer à l’assaut des chrétiens.

En plein essor au XVIe siècle, la piraterie barbaresque réussit à arraisonner des milliers de navires chrétiens et à faire des razzias sur toutes les régions du littoral méditerranéen. De nombreux chrétiens furent réduits à l’esclavage. Pour échapper à ce triste sort, certains n’hésitèrent pas à sa convertir à l’islam et même à devenir capitaine de navires barbaresques à leur tour. Le plus célèbre exemple reste celui de John Ward (1553-1622) qui prit le nom de Yusuf Raïs et qui, basé à Tunis, fit des ravages sur les navires anglais.

Les moyens de lutte contre cette piraterie furent réunis par une Alliance des pays catholiques (baptisée Sainte Alliance) qui freinèrent considérablement le fléau à la bataille navale victorieuse de Lépante (1571).

Cependant, pour des raisons politiques, le roi de France François Ier (1515-1547) conclut une alliance éphémère avec le sultan ottoman Soliman le Magnifique (1520-1556) qui permit d’observer une certaine trêve dans les razzias musulmanes sur les côtes de Provence, mais provoqua l’indignation générale. Cependant, après le décès des souverains, les raids reprirent de plus belle et atteignirent leur apogée au XVIIIe siècle : Voltaire (1694-1778) en fait l’écho dans son ouvrage intitulé « Candide », publié en 1759. La disparition de la piraterie barbaresque n’eut lieu qu’avec la prise d’Alger en 1830.