En 1648, le cardinal Mazarin (1602-1661) fonda l’Académie royale de peinture et de sculpture et la chargea d’encourager les artistes à œuvrer pour l’enrichissement du patrimoine français. Cette académie fut supprimée en 1793, mais, en 1804, le Premier Consul Bonaparte rétablit l’Académie française avec cinq sections. Celle de l’Académie des Beaux-Arts organisa un salon annuel jusqu’en 1880.

En 1880, le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, Jules Ferry (1832-1893), confia à la Société des Artistes français le soin d’organiser un salon annuel de peinture et de sculpture dans le palais des Champs-Élysées (le « Grand Palais »), qui succéda à celui de l’Académie des Beaux-Arts, qui se tenait, depuis la fin du XVIIIe siècle, chaque année à Paris. Le Salon des Artistes français se voulait le garant de l’académisme officiel en matière de peinture et de sculpture. Un jury, réputé particulièrement sévère et rigoureux, sélectionnait les œuvres à exposer, ce qui faisait de nombreux mécontents.

Organisé pour faire connaître au public les réalisations d’artistes de talent refusées par le Salon officiel, le Salon des Indépendants ouvrit ses portes, pour la première fois, le 15 mai 1884 dans une salle de la rue des Tuileries. Un petit groupe d’amis, refusant l’académisme qu’ils jugeaient trop strict, avait fondé la Société des artistes indépendants, ouverte à toutes les nouveautés.

Parmi les nombreux artistes admis à présenter (un maximum de 4 œuvres) au Salon annuel des Indépendants, on peut citer :

  • Georges Seurat (1859-1891)

  • Odilon Redon (1846-1916)

  • Paul Signac (1863-1935)

mais aussi, les années suivantes :

  • Vincent Van Gogh (1853-1890)

  • Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901)

  • Paul Sérusier (1864-1927)

  • André Dunoyer de Ségonzac (1884-1974)

  • Edward Munck (1863-1944)

  • André Lhote (1886-1962)

et bien d’autres.

Seulement interrompus par les conflits du XXe siècle, ces salons ont continué, depuis les années 1880, à assurer la notoriété de nombreux peintres et sculpteurs, certains de grande renommée ultérieure.