Apparu pour la première fois dans les dictionnaires en 1835, le terme de sylviculture désigne l’art de cultiver les forêts, de les entretenir, les exploiter et les renouveler, selon des méthodes scientifiques qui tiennent compte des connaissances botaniques de l’époque, le tout dans le but de pérenniser la couverture forestière d’un pays et de fournir des matériaux.

Ressource renouvelable, le bois constitue une richesse dont les hommes ont très tôt su tirer profit. Le bois est utilisé comme combustible (bois de chauffage) mais surtout comme matériau idéal pour la construction (bois d’œuvre), la confection de mobilier ou la réalisation de petits outils (manches ou éléments entiers, par exemple dans un rouet, des poulies, palans…).

En France, pendant des siècles, la forêt a régressé fortement, en raison des défrichements réalisés depuis le XIIe siècle, dans le but de gagner des surfaces cultivables et de disposer de matériaux de chauffe ou de construction. Au milieu du XIXe siècle, la situation s’est inversée, en raison des progrès de la sylviculture scientifique.

Le premier à s’intéresser véritablement à la sylviculture fut un physicien, botaniste et agronome français, Henri Duhamel du Monceau (1700-1782) qui publia un ouvrage complet sur l’exploitation des bois, intitulé « Traité complet des Bois et des Forêts », en 5 volumes, de 1755 à 1767.

Mais la sylviculture naquit en Prusse : deux agronomes, Georg Ludwig Hartig (1764-1837) et Heinrich Cotta (1763-1844) jettèrent les bases de cette science et fondèrent des écoles de sylviculture en Prusse, fréquentées par de nombreux élèves étrangers (Autrichiens, Russes, Polonais et… Français).

Ce furent des anciens élèves de ces écoles qui créèrent, en 1827, à Nancy, l’École royale forestière. Plus tard, en 1919, fut créée l’École nationale du génie rural, située à Paris. Ces deux écoles fusionnèrent en 1965 pour former un nouvel établissement, l’École nationale du génie rural, des eaux et des forêts. Depuis le XIXe siècle, les pays pilotes en matière de sylviculture sont la Finlande et le Canada. Les forêts sont exploitées rationnellement, on pratique des coupes régulières et la replantation est contrôlée. Ainsi, la forêt ne régresse plus (sauf dans certains pays, comme le Brésil ou l’Indonésie) et progresse même dans de nombreuses régions. La forêt des Landes a été plantée à partir de 1860, pour rentabiliser une terre jugée trop sablonneuse.