Les bois et forêts couvraient encore, au Moyen Âge, environ les deux tiers de la surface de l’Europe. Les différents peuples qui y vivaient apprirent à exploiter cette richesse naturelle.

Dès l’Antiquité, les hommes exploitèrent les forêts, en récoltant le bois nécessaire à de multiples activités, des fruits divers et en y laissant paître des animaux. Les trois fonctions principales de la forêt remontent ainsi aux premiers millénaires de la civilisation.

Les Romains la nommèrent silva, ce qui donna le mot selve en vieux français. Mais, au IXe siècle, on utilisait également le mot broga, venu du gaulois broglios (qui a donné breuil au XVIe siècle) pour désigner un bois humide. Le mot forêt, venu d’un glissement de sens de l’expression latine forestis silva, qui désignait une forêt hors de l’enclos (foris = en dehors de). Les forêts étaient alors souvent closes d’un mur ou d’une haie, pour éviter la divagation des animaux (les chèvres, notamment, pouvaient manger les écorces des troncs).

Ce fut vers le XIIe siècle que l’exploitation des forêts, notamment royales, devint rationnelle. Des fonctionnaires (les forestiers ou les verdiers) y furent chargés de la gestion, de la surveillance de son exploitation et de l’utilisation par la population des alentours (sous conditions).

Les propriétaires se réservaient l’exploitation du bois :

  • bois de chauffe (bois mort, mais aussi charbon de bois),

  • bois d’œuvre (charpentes, construction, construction navale, ameublement),

  • bois d’industrie à partir du XIXe siècle (pâte à papier, copeaux, etc.),

  • bois de service (poteaux, piquets, perches).

Les propriétaires veillaient également jalousement sur

  • les droits exclusifs de chasse et de pêche (grande abondance du gibier),

  • la récolte ou cueillette des fruits (glands, nèfles, baies diverses, champignons).

Par contre, des autorisations de pâture pouvaient être accordées :

  • droit de glandée (pour les porcs, friands de glands),

  • droit de ramasser le bois mort (les petites gens se chauffaient ainsi).

En 1669, Colbert promulgua une importante ordonnance sur la gestion des eaux et forêts du royaume. De nos jours, la gestion des forêts est assurée par les forestiers (verdiers), les Maîtres des Eaux et Forêts ayant été remplacés par les agents de l’O.N.F. (Office National des Forêts).